Depuis quelques années maintenant, j'ai plus ou moins gommé la fête de Noël. A cette période, je séjourne à l'étranger avec mon ami. L'absence d'une famille digne de ce nom sur place nous évite la
corvée de la soirée poussive du 24 et les affres du déjeuner officiel le 25. La plupart du temps, nous nous retrouvons juste les deux, en amoureux, devant un bon film et un gigantesque plat de
gambas à l'ail. Et c'est vraiment très agréable. De plus, la frénésie générale de consommation de cette période me fatigue et m'agace. C'est à qui aura le plus gros paquet, le cadeau le plus cher
ou le plus chic, la boutique la plus éclairée, le foie gras le plus gras, le champagne le plus bulleux. Je préfère le plus simple, le plus fait maison, le plus attentionné, le plus original.
Il y a quelques jours, des sapins ont été installés avec boules et guirlandes sur la place. Pas un gros sapin, non, 4 ou 5 sapins de taille plus raisonnable comme une forêt miniature. Je sortais du
bus en fin de journée et je passais en coup de vent à côté des conifères pour rentrer chez moi quand soudain leur odeur m'a sauté aux narines et a stoppé net ma course. Je suis revenue sur mes pas
et j'ai humé, respiré, longtemps, profondément les branchages. Cette odeur, c'était Noël ! Et sans que je n'y puisse rien, des larmes sont remontées de mon cœur à mes yeux.
Dans la journée, le mois de novembre venu, j'aime m'accorder une "pause mandarine".
Manger une mandarine, c'est une parenthèse sensorielle.
Je commence par attaquer la peau avec l'ongle de mon pouce gauche, elle résiste, le geste mesuré visant à ouvrir l'écorce sans percer la peau plus fine des quartiers. Là, j'hume avec délices les
suaves effluves des premières gouttes d'essence. Sous la pression, les petits sacs parfumés éclatent et mouillent un peu mes doigts. Plus tard, je les respirerai encore avec bonheur.
Les morceaux d'écorces s'amoncellent maintenant sur mon bureau, dans un ordre un peu maniaque. La partie arrondie du sommet de la mandarine à l'envers en dessous, comme une coupelle, et les autres
lambeaux par-dessus, en évitant d'en mettre partout.
Je m'attaque alors aux petites peaux blanches, patiemment. Chaque quartier a sa colonne vertébrale et ses ramifications. On l'attrape par le sommet, on tire délicatement vers le bas. Si je peux
l'enlever d'un seul coup du haut en bas avec toutes ses veinules, j'ai gagné.
Une fois que le fruit aura fait un tour complet dans ma main, avec mes deux pouces sur son nombril, je vais l'ouvrir en deux. Je retire alors les fibres du cœur.
La dégustation proprement dite peut maintenant commencer. Je détache le premier quartier et le porte à mes lèvres. La pression de mes dents en son milieu le fait éclater dans ma bouche, baignant
mon palais de son jus délicieux.
Et déjà c'est fini. Ne restera, invisible sur mes doigts, que la preuve accablante et odorante de ma gourmandise.
Depuis quelques semaines, je suis prise d'un insatiable appétit pour la grande toile. Je dévore des centaines de blogs, visionne des heures de vidéo, cherche la p'tite bête à qui mieux mieux. Un
besoin impérieux d'apprendre plein de nouvelles choses, de découvrir de nouvelles technologies, de comprendre comment elles fonctionnent.
Paradoxalement, seul mon esprit est avide. Mon corps, lui, commence son hibernation. Je bricole un peu dans ma tanière, fabrique des potions, des objets, cuisine des plats costauds pour bûcherons
canadiens. Et pas vraiment envie de communiquer dans le monde réel. Mes interactions sociales ont lieu dans le cadre de mon travail et j'aspire à mon cocon dès que je sors du bureau.
Ne pensez cependant pas que je sois cafardeuse. Je me sens bien.
Et je ne trouve pas grand chose à dire sur ce blog. Donner des liens sympas ? Plein de sites s'y consacrent et le font très bien (voir BBB dans la colonne de droite). Des recettes de cuisines ?
Pareil ! Et lorsque enfin surgit une amorce d'inspiration, l'idée qui semblait bonne se dégonfle comme une vieille baudruche dès que mes doigts touchent le clavier.
Pour terminer, je tiens à vous faire part d'une de mes dernières découvertes (comme ça existe depuis des plombes, ça n'en sera peut-être pas une pour vous…) : Netvibes ! C'est un site
personnalisable qui permet, par exemple, de regrouper sur une seule page tous les blogs que l'on lit au quotidien et sur une autre tous les sites d'information, puis sur un autre onglet, différents
utilitaires ou gadgets du type calculatrice, web cam, etc. Voici ma page publique (la version privée a 5 onglets), j'espère découvrir les vôtres
bientôt.